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 Rielh, Maître Onömnath'Urel

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Rielh
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MessageSujet: Rielh, Maître Onömnath'Urel   4/14/2008, 22:49

Ce matin là, Rielh savait ce qu’il devait faire. Pour une fois, il avait les idées claires et peu embrumées par les restes de vapeur de bière imprégnant ses vêtements. La fête de la veille, rendez-vous quotidien de l’équipe de joyeux lurons composant l’E&P, avait certes été foisonnante de boisson, mais Rielh avait la détermination qui passerait au-delà la gueule de bois.
En effet, ce matin, il avait un devoir à accomplir. Une responsabilité qu’en tant que Maître Selenyte il ne pouvait ignorer.
Il était effrayé, terriblement effrayé. Ce qu’il s’apprêtait à faire lui donnait l’impression de devenir transparent, passé au crible par des millions d’yeux invisibles. Mais il le devait.

Quelques jours plus tôt, Enayar, Grand Maître Dezhâmes, avait demandé aux Maîtres du Clan Selenyte de dévoiler leur histoire, leur passé et celui de leur Nom de Maître. Plus que tout il ne pouvait désobéir, mais cette requête était aussi d’une importance cruciale dans l’évolution du mouvement mercenaire. Et ceci avait beaucoup de valeur aux yeux de Rielh.
Il sentait le monde tourner à une vitesse faramineuse, plus en pensant à ce que ses prochaines révélations impliqueraient qu’en réponse aux moult pintes qu’il s’était enfilé la nuit d’avant.

Le jeune Feca avait peur, certes, mais n’en était pas pour autant dénué d’ingéniosité. Il saurait respecter les directives tout en contournant les points restés dans l’ombre. Il saurait user de la faculté de compréhension de ses futurs lecteurs et altérer la cohésion de ses récits, afin que seuls les plus aguerris puissent lier les points entre eux pour former la trame aléatoire qu’était sa vie. Rielh userait de ce qu’il avait récemment dévoilé lors de l'évènement du Signe. Il se jouerait du grand Xelor et casserait le cours du temps, mélangeant la chronologie de ses péripéties comme un Ecaflip un paquet de cartes. Il en déciderait l’arrangement.

Il se munit du lot de parchemins acheté la veille. Il était rare qu’il en achète de neufs en aussi grandes quantité – au moins deux ce jour là – mais l’évènement était de taille. Il saisit l’un des bouts de papier jaunâtre, l’aplatit sur son épais calepin regorgeant de notes sur toute une variété de choses, et soupira.
Il saisit son bâton, une tige fleurie qu’il avait récemment fabriqué, et actionna un mécanisme connu de lui seul. Un petit déclic se fit entendre, immédiatement suivi par un son de bois qui coulisse, et un pinceau apparut, sortant lentement d’une petite cavité creusée dans le bois lisse.
Rielh s’en saisit délicatement, et planta son bâton droit dans le sol. Il appliqua une légère pression sur un second recoin de la tige de bois pour faire s’ouvrir un petit tiroir sur son côté, regorgeant d’une encre végétale dont il avait créé la recette.

C’est alors que commença une union fantastique.
L’absorption de l’encre claire par les doux poils du pinceau, déposant sur le pâle parchemin la fine écriture d’un esprit plongé dans ses souvenirs…




Je me trouvais là, sous un Grand Organique, et mourrais d'envie de le couper. Bien malgré moi, il fallait canaliser toute la pousse si rapide de la Contrée, et j’étais une petite part du Cycle, avec mes compagnons Bûcherons.

Ce labeur m’est bénéfique, je peux vite progresser dans la sculpture, art que j’adore presque autant que la coupe de bois. Les moult bâtons que je crée me permettent de gagner ma vie raisonnablement, jusqu'au moment où je dépense toute ma fortune en pure folie consommatrice, fureur d'acheter les nouvelles tenues que j’arbore parfois.

Mon acharnement aux progrès m'amène même à briser mes créations dans la mâchoire béante du Concasseur Munster, au risque d'y perdre mes mains, ou parfois mon arme. J’enchâsse sans cesse les runes ainsi extraites dans l'essence de bâtons aux natures multiples, m'établissant en tant que Sculptemage.

Avide de nouveauté, et aimant les défis, je me suis essayé à un Art que peu connaissent, celui de la Forge de Boucliers. Ces miraculeux objets protégeant l'être du combattant entraient en parfaite symbiose avec ma connaissance des Barrières Magiques que j’utilise en combat. La progression était rude et sans égale, mais je ne perdais pas espoir.

Un long moment passa, et je m’aperçus que mon troisième et dernier métier ne m’intéressait plus autant qu'à mes débuts. J’aimais rendre service aux gens, passer de bons moment en extérieur, tout ce que mes trois autres métiers apportaient. Et la forge de boucliers ne remplissait presque plus ces conditions.

Je décidais alors de me lancer dans un métier d'extérieur comme je les aime tant. Me prélasser dans l'herbe, à l'ombre d'un Grand Organique (que je pourrais par la suite couper, fourbe que je suis), rien ne me procure plus de plaisir. Je me mis donc en quête de l'homme qui allait m’apprendre le métier de détente par excellence : la pêche. La progression était aussi rude et sans égale, mais j’espére, cette fois, ne pas perdre espoir.


Calepin personnel de Rielh - Extraits



« […] est parfois racontée aux jeunes enfants pour leur apprendre que parfois, en croyant bien faire, ils commettent l’irréparable. Histoire à réciter au bord du lit, afin qu’ils aient le temps d’y penser la nuit. Si possible, ne lisez ce conte que si l’enfant connaît Rykke Errel et le Dragon, page 193. Commencez comme ceci : « Il y a bien longtemps, des Sages cachèrent de puissantes pierres dans un endroit secret. Elles restèrent cachées très, très longtemps, pendant des années et des années. Un jour, les plus puissantes créatures qui hantaient ce pays décidèrent que c’était une très mauvaise idée que de cacher les pierres ensemble, tant elles étaient puissantes si réunies. Elle les dérobèrent donc, et chacun de ces incroyables titans devint le gardien d’une gemme. Mais ils ne furent pas assez discret : très vite, la nouvelle de la réapparition des pierres fusa à travers le monde, et de nombreux guerriers partirent de leur pays pour venir ici, à la recherche des gemmes et de leur gardien. Commença alors une ère de bataille ardente pour la gloire, et tout ceci à cause de ce […] » […] »

Mille et deux contes pour enfant, par François Hémérite-Tuhora.



L'Epée et la Pioche. Ce nom résonnait dans la tête de Rielh, comme le faisaient les piaillements de ces Tofus qu'il avait si souvent combattu étant plus jeune. Mais ce n'était pas pour la même raison. Les Tofus emplissent l'esprit de la désagréable sensation que notre tête est sur le point d'exploser. Rielh a toujours aimé le silence, la quiétude, et cela le rendait fou. "L'Epée et la Pioche"...ce nom semblait trouver un echo à son propre impact. Il se répercutait dans chaque infime partie de l'âme de Rielh, s'infiltrant dans son être tout entier, et le pénétrant d'une extase impalpable.

Rielh était arrivé dans la Contrée d'Amakna il y a de cela quelques semaines, et grand avait été son étonnement lorsqu'il découvrit les moeurs des ses habitants.
Depuis sa plus tendre enfance, il n'avait fait qu'errer dans ce vaste monde, en quêtes d'aventures et de connaissance. La Contrée d'Amakna était pour lui le paroxysme de ses péripéties. La réputation que ce pays s'était forgé assaillait sans cesse l'esprit de Rielh, et ce qu'il avait imaginé, presque idéalisé, se tenait là, devant ses yeux, sous ses pieds, au creux de sa main. Amakna. Devant lui. Et il pleurait. L'image qu'il avait de cet endroit, façonnée par les histoires de tant de personnes qu'il avait croisé durant son voyage perpétuel, se délitait, tombait en ruines et glissait entre ses doigts, sans qu'il ne puisse plus rien faire, comme le sable d'une plage magnifique que l'on voudrait conserver pour l'éternité.
Le problème ne résidait pas en ce lieu lui-même, mais en ses occupants. Les autochtones semblaient avoir été élevés dans le même moule à tarte, continuellement utilisé sans n'avoir jamais été lavé. Cela empire. De plus en plus vite. Ce Mal est grand, et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Ils parlent d'une bien étrange manière, si tant est qu'Ils parlent, car semblables à des grognements sont Leurs élucubrations grotesques. Ils courent, crient et se pressent. Ils arguent, se moquent et critiquent. Ils ne sont tous qu'une pâle copie d'un autre. Ils, Ils, Ils.
Et Rielh, au milieu de ce brouhaha, tente de résister. En vain.

Mais l'espoir n'était pas mort, et alors que le monde le pointait du doigt d'un air méprisant lorsqu'il ouvrait la bouche pour une quelconque raison, Rielh entendit un jour un nom. Un nom, simplement un nom. Mais ce qu'il ouït à son propos fit renaître la flamme de l'espérance dans son coeur meurtri par ces désagréables indigènes. On dit que les membres de cette Estimée Guilde, car c'en est une, comprennent le Vrai Parler. Ce Langage Originel que Rielh aime tant ! On dit aussi que chacun vit en La Guilde, et que La Guilde vit en chacun.
Le Grand Hasard fit le reste. Au cours d'une traversée de la Montagne des Craqueleurs, quelle ne fut pas la surprise de Rielh lorsqu'il crut apercevoir un membre de cette vaillante Guilde. Betagalactosidase était son nom. L'interrogeant sur cette Assemblée, il apprit comment la contacter, et se mit en route d'un pas ferme bien que distrait par moult pensées gravitant autour de sujets pour le moins inhabituels, qu'il n'avait que rarement, voir jamais, rencontré sur les Grandes Terres d'Amakna : amitié, fête et bières bien tièdes.

Il était bien tard lorsque Rielh parvint au lieu convenu, mais il se sentit regaillardi par le savoir de ce que la porte de cette modeste bâtisse allait révéler. Il frappa trois fois, comme à son habitude, entra et referma la porte derrière lui.

« Rielh est ton nom, c’est bien ça ? Viens, prends un siège, et parle nous de toi.»

Sortant de la contemplation béate de cette ambiance délurée, et remarquant qu'une femme d'une grand beauté lui avait adressé la parole, Rielh ne sût que répondre. Il préféra donc ne rien dire, ébloui par tant de choses, et répondit à l'invitation par un signe de tête et un léger sourire.
Lorsqu'il s'assit à la place qu'Elle lui montrait, le jeune homme sentit une vague d'émotions l'envahir. Quelle était donc cette situation ? Celle qu'il attendait depuis des semaines, des années, toute une vie peut-être. Mais dans ce cas, pourquoi toute son âme appréhendait ce moment, cet instant précis ? Lui qui parlait si peu, qui n'avait connu que haine et incompréhension durant son périple en Amakna...Il ne s'était jamais senti aussi peu à sa place qu'en cette contrée, et maintenant qu'il rencontrait ceux qu'il avait toujours espéré entr’apercevoir en rêve, tout avait changé. Mais qu'allait-il dire ? Qu'allait-il faire ? Toutes ses contradictions qui le tiraillait le lassait sans voix.
Mais fait incroyable, tout le monde faisait attention à lui, sans vraiment faire attention à lui. Ce grand Pandawa portait une autre chopine (en dessous de cinq litres, c'est bien comme ça qu'on les appelle, non ?) à ses lèvres, lui jetait de temps en temps un regard, pour voir s'il allait commencer, puis retournait à ses anecdotes qui devaient lui sembler si importantes pour la destinée du Monde, et curieusement, Rielh en était aussi convaincu.
Il sourit de nouveau, discrètement, puis béatement.
La superbe femme qui lui avait adressé la parole se comportait de la même façon, le regardant de temps en temps, tout en riant aux contes mirifiques des compagnons.
Le temps semblait s'être figé et durer indéfiniment.
Rielh finit par prendre une chope sur la table, trempa ses lèvres, fronça les sourcils. Puis il la vida d'un trait.
Ils faisaient tous en sorte qu'il se sente à l'aise, mais sans modifier leur attitude. Etaient-ils toujours comme ça, si joviaux ? Rielh sourit de nouveau, heureux pour la toute première fois depuis des semaines.
Par où commencer ? Non pas qu'il y ait tant à dire, mais comment rendre intéressant le récit de sa vie et de son être ? Il avait beau tourner tout dans tous les sens, il ne voyait pas.
- Je... commença-t-il... Rielh est mon nom, en effet.
Toutes les oreilles se tournèrent en sa direction, mais seulement quelques paires d'yeux suivirent le mouvement. Ce qui l'encouragea à continuer.
- Je suis arrivé en Amakna il y a quelques semaines seulement. L'endroit d'où je viens n'en est pas vraiment un, mais plusieurs à la fois. J'ai voyagé à travers le Grand Monde durant des années, découvrant diverses cultures et civilisations. Cependant, il m'a été révélé un jour que j'étais né ici, en ces terres.
Personne ne semblait étonné, cela devait être du à son apparence, plutôt semblable à celle de quelques habitants de ce pays. Mais Rielh n'y avait jamais vraiment fait attention, d'autant plus qu'il ne savait pas exactement à quoi lui, il ressemblait. Quelques visions éphémères dans le reflet des Grands Lacs le lui avait suggéré, mais pas davantage que ça. Et puis, il ne s'en souciait guère. Il continua.
- Mes parents m'ont ensuite emmené avec eux, durant leur fuite de ce qu'ils appelaient "L'Arrivée d'Autrui". Il me semble qu'il s'agit du moment où les reliques que vous appelez Dofus ont disparues, attirant moult aventuriers. Peu de temps après, mes parents disparaissaient. Je me suis donc retrouvé seul, et décidais de m'en aller en d'autres lieux que ceux de mes souvenirs pour, qui sait, peut-être rallier ma contrée natale un jour. J'errais donc, sans vraiment me fixer un but précis. Je sentais le temps passer, mais ne l'ai jamais compté. Je ne connais pas mon âge...
Il se tut quelques instants. Cette fois, tout le monde le regardait. Loin de le réduire au silence, cette réelle attention qu'on lui portait, la seule depuis des lustres, le réconforta.
- La Grande Nature est Celle qui obtient ma foi. Pour mieux la protéger, je devais la meurtrir, bien que du Mal cela m'apporte. Je suis donc Bûcheron, à mon grand dam, et canalise la pousse des Grands Organiques que vous appelez Arbres. Je me cantonne pour le moment à celle des Frêys, Cynts, Nalds et Chêys, que vous nommez Frêne, Châtaignier, Noyers et Chêne. J'ai récemment appris que j'étais capable de couper deux types de bois que je n'avais jamais rencontré au cours de mes périples, l'Oliviolet et le Bombu. Le Cycle des Ressources m'ammena à faire de moi un Sculpteur de Bâtons, pour recycler ce bois en objets utiles.
Il s'arrêta quelques instants.
- Je suis de ceux que Votre Contrée prénomme Féca.
Il prit la chope qui semblait s'être remplie d'elle même après qu'il l'eu vidé un peu plus tôt, puis la porta une fois de plus à ses lèvres.
Rielh ferma les yeux, et bût.


Recueil de l’E&P – Archives des candidatures - Extraits


Dernière édition par Rielh le 4/14/2008, 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rielh, Maître Onömnath'Urel   4/14/2008, 22:50

«
Tout commença il y a fort longtemps, dans une contrée lointaine, très lointaine.
Là-bas, les Entités Supérieures se livraient un combat sans merci, avides de puissance et de gloire.
Mais Leur pouvoir ne naissait que d'une seule chose : la Foi. C'était le nombre de Leurs fidèles qui assurait Leur consistance, nulle Entité ne vivait sans Serviteur.

Afin de combler ses desseins, l'une d'entre Elles eut un jour l'idée de créer l'Elémentaire. Ces créatures volantes d'une carrure inimaginable étaient en effet capables de produire, parfois, un Ovale Originel, objet mystique source d'un pouvoir incommensurable.
Cependant Son but n'était point de se les procurer une fois conçus, leur réalité se serait évanouie aussitôt la Porte Céleste franchie ; Elle espérait que l'un de Ses disciples s'en empare, et couvre ainsi Son image de d'honneur et de gloire.
Mais les Entités étaient partout, et les neufs autres mirent à jour les fourbes projets de Leur Soeur. Elles ne pouvaient cependant en blâmer l'inefficacité, et décidèrent d'en tirer parti Elles aussi.
Ainsi cette contrée fut bientôt l'antre des Elémentaires, créés par les Entités désireuses de séduire toujours plus de fidèles, et dans l’espoir que des héros hissent Leur nom au sommet en découvrant un Ovale Originel.

C’était sans compter sur la volonté des Elémentaires eux-mêmes. L’état d’esprit de leurs créateurs lors de leur conception n’était qu’avarice, mépris et jalousie, autant de traits qui furent transmis aux Créatures. Ainsi, pendant que les fidèles attendaient de trouver la gemme qui assurerait leur renommée, elles ne savaient vivre en paix au sein de leur propre communauté et guerroyaient sans cesse.
Arriva l’inévitable : au terme de longs siècles d’affrontements au cours desquels les Entités avaient contemplé, impuissantes et tentant vainement de combler les pertes, la disparition des Elémentaux, une seule Créature survécut, la plus puissante de toutes.
Seule, triste, inutile, elle dériva de nombreux autres siècles dans les hautes atmosphères célestes, laissant les Entités Supérieures enterrer leur échec cuisant sous une couche d’anciennes traditions.

Un jour ordinaire bien longtemps plus tard, une curieuse ombre dissimula le soleil pendant quelques secondes à travers la contrée. Nul ne sut dire d’où elle avait surgit, ni même ce qu’elle était. Du moins les premières heures.
La rumeur d’une destruction des plus cataclysmiques se propagea à une vitesse folle, et en moins d’un jour tout le monde avait entendu parler de cette « Créature céleste » qui dévastait tout sur son passage.
Le temps passa sans que quiconque n’ait pu en estimer la durée, la destruction semblant même avoir altéré son cours.

Puis un jeune homme s’éleva face au Dernier Elémentaire. Sans peur dirent certains, sans raison contestèrent d’autres.
Toujours est-il que survint l’imprévisible : la Créature se prosterna aux pieds du paladin – nul n’en sut jamais la raison – , et commença une ère de félicité par-delà la contrée.

Quelques mois plus tard, le jeune chevalier tomba éperdument amoureux d’une jeune magicienne. Ceci rendit fou de rage l’Elémentaire, qui tua la belle promise et s’envola au loin, dévastant une fois de plus toute vie sur son passage.
Le paladin poursuivit l’instrument de son désespoir et s’en suivit un combat titanesque, au terme duquel la Créature fut terrassée, emportant la vie du preux chevalier dans les ténèbres.

Les Sages, ayant soif de comprendre la nature de cette divine créature, découvrirent en son sein six Ovales Originels. Réalisant leur puissance et leur instabilité lorsque réunis, ils décidèrent de les dissimuler dans un endroit caché de tous.
Le secret de leur existence fut si bien gardé qu’il disparut dans les tréfonds d’un l’insatiable oubli.

De nombreux siècles avaient passé lorsque les Gardiens du Secret, horrifiés, découvrirent que les Ovales Originels avaient disparu.
L’information traversa le Monde comme une traînée de poudre, et fut l’étincelle qui fit détoner l’Exode Majeur. Des aventuriers de tous pays, de tous continents, se mirent en route en quête des Gemmes, la leur flamboyante de la gloire et la richesse étreignant leur cœur.
Aujourd’hui encore, seulement quelques années plus tard, tout être connaît cette histoire et rêve un jour de réunir les Ovales, partant en quête au loin, délaissant la vie qu’il entretenait dans son ancien pays.

Et Toi, mon jeune ami, tu feras de même, car tel est le destin de tout Vivant de ce monde.
»


Légende d’un autre monde, contée par un vieil homme, en d’autres temps, en d’autres lieux



Lorsque Rielh était arrivé en Amakna, il y a de cela presque un an, ses yeux pétillaient de joie. Avide de découvertes, il parcourut cette vaste contrée pendant près d’un mois, faisant quelques rencontres hétéroclites ou intéressantes là où ses pas le menaient.
Désireux de fuir l’étrange population grouillant dans la Cité Folle, comme il se surprenait à appeler la cité d’Astrub, il fut intégré au sein d’un groupe possédant les mêmes valeurs, le même refus de céder à un langage déformé ; ils étaient maintenant des amis fidèles et chers à son cœur.
Les moments passés au sein de l’Epée et les trépidantes aventures qu’il vécut en sa compagnie lui apportèrent moult connaissances sur la contrée qu’il visitait, et il était toujours plus friand d’en savoir plus. Chaque jour il vivait une nouvelle découverte, et à chaque fois il s’en émerveillait, tel un enfant à qui l’on offrait un sucre d’orge immense à déguster durant toute une vie.

Suivant le courant malgré lui durant sa jeunesse, il fut amené à s’établir en tant que disciple de la Cité Blanche, bien que cela ne signifie plus grand-chose à ses yeux. Rielh n’aimait pas les « Anges », tels qu’ils se nomment eux-mêmes. Faisant partie de leur confrérie, il n’a que trop souvent vu ses membres agir tels de vils lâches sans scrupules aucuns, se considérant comme angéliques et agissant de la manière la plus fourbe qui soit. Cependant, Rielh avait appris de ses expériences qu’il existe toujours deux faces à un écu. Il rencontra donc parfois de véritables Anges qui méritaient leur appellation, et fut heureux de finalement considérer que cet ordre n’était pas aussi corrompu qu’il l’eut pensé.
Rielh avait songé à changer d’Orientation et rejoindre la communauté restreinte des disciples de la Cité Noire. Mais le temps passait, il avait aujourd’hui cent vingt-deux saisons – en tout cas était-ce l’âge qu’on lui avait attribué, n’ayant lui-même jamais connu la date de sa naissance –, il s’était forgé une clientèle et un rythme de vie calqués sur La Blanche, et il se complaisait maintenant dans une attitude d’indifférence envers l’un ou l’autre des deux Ordres, ne prenant part à aucun conflit autre que ceux que les gardes imposaient parfois lors d’une expédition sous La Noire.

Il avait longtemps rêvé d’un Ordre Milieu, et ses songes le menaient souvent en d’autres contrées où une telle communauté existait et prônait ces valeurs fortes qu’il aimerait tant défendre. Aider le monde à se découvrir lui-même, se mettre au service des habitants. Mais il se réveillait toujours sur un monde de Biquité où le conflit régnait en maître. Les rêves ne le sont que s’ils ne se réalisent pas, dit-on.

Mais arriva un nouveau jour de découvertes, et des paroles telles une mélodie incroyable parvinrent aux oreilles de Rielh, au milieu de tout un tas de nouvelles connaissances sur le Grand Labyrinthe. On lui parla d’un Clan. Un Clan qui semblait tout droit sorti de ses songes les plus profonds. Les Selenytes… Ce nom rebondissait dans son esprit comme un hurlement de Craqueleur, laissant un féroce écho des heures durant.

Il parcourut longuement la liasse de parchemins que lui avait laissé quelques heures plus tôt ce jeune homme coiffé d’un curieux chapeau vert afin de s’assurer qu’il ne s’agissait pas une fois de plus d’un énième rêve. Au fur et à mesure qu’il lisait, un sourire béat se dessinait sur ses lèvres, et il ne parvint pas à l’en faire disparaître durant plusieurs dizaines de minutes.
Il entreprit de répondre et écrivit quelques lignes sur un bout de parchemin qui traînait au fond de sa poche puis le roula en tube. S’apercevant qu’une liste de course vieille de deux mois était présente au verso, il le chiffonna et en prit un nouveau, un peu plus propre celui-là. Après avoir rédigé quelques mots, il emprunta un tofu à son ami ‘Pom, le muni d’un bouclier Feca pour éviter qu’un Astrubien négligent ne lui tombe dessus, et le regarda s’envoler en souriant.
"Vole, mon ami ! Vole, deux morts tu éviteras grâce à ceci !"


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MessageSujet: Re: Rielh, Maître Onömnath'Urel   4/14/2008, 22:50

« […] est pauvre et se meurt, lentement abandonnée par les acteurs de sa vie, devenus détracteurs de son agonie. La terre est noire, dure. Les arbres sont secs, rares. Les bêtes sont introuvables, squelettiques. Ce pays n’est plus que […] »

Evolution et disparition, par Elmer Michèléçon’Sha, 635.



Alors que j’étais accoudé au comptoir d’une taverne douteuse, tentant d’oublier la chute du cours de… tout, un vieil homme saoul au possible claudiqua vers moi et me tapa l’épaule d’un geste étrangement vif. Je tournai les yeux vers lui, pour découvrir un visage révulsé, un rictus dément et ses globes oculaires semblant sortir de leurs orbites fixés sur l’une de mes cicatrices. Pas n’importe laquelle à vrai dire, mais expliquer son histoire ici serait bien long. Toujours est-il qu’il tenta de formuler quelque chose, mais je ne pus entendre que des gargouillements semblables à ceux qu’émettent les Boos. Au bout d’un instant il réussit à se faire comprendre :
« - Tou…toua… ta S’katriss, là… el’ form’ un sixxx… ! »
Voyant où il voulait en venir, je m’apprêtais à répondre, mais dès qu’il me vit ouvrir la bouche, il partit en courant – sautillant en zigzag serait plus adapté – , hurlant « Mal’dicssssiooooon ! » à qui voulait l’entendre ou non.


Calepin personnel de Rielh – Extraits



« […] mais à partir de cet instant, tout bascula. La convoitise était plus forte que la raison en l’esprit des guerriers, ils n’auraient de cesse que de trouver l’objet de leur folie, quitte à en payer le prix, quitte à réduire toute vie à néant pour ce faire. Une guerre sans fin avait débuté, que rien n’arrêtera plus. La finale réunion des six Gemmes par une seule âme n’y mettrait pas fin, loin de là : cette âme pervertie s’évertuera à diriger un monde mort d’une main de fer dans un gant de titane. La seule alternative serait la destru […] »
Ouvrage Interdit, par Attiz Eurdéfoul, 637 – son œuvre vit son unique exemplaire brûlé dès sa parution (je découvris plus tard, je ne vous dirai comment, qu’il y en avait en fait deux), et il disparu étrangement alors qu’il était parti acheter des pieds de koalaks (délicieux cuits aux braises d’Orme et assaisonnés de poudre de chanvre). Seule Malodorante, sa dragodinde, revint chez lui trois jours plus tard. Les rumeurs laissent à penser que sa disparition fut commanditée par les dirigeants de la Fédération Commerciale Amaknéene, désireux de conserver la forte économie ressortissant de cette situation de conflits.




Lors de mes longs et nombreux voyages de part le vaste Monde, j’ai rencontré moult croyances, moult superstitions. Elles ne furent pas sans laisser des marques sur mon esprit avide de nouveauté, d’évolution, de connaissance.
Cependant, rien ne m’a jamais détourné de ce que ce vieil homme me racontait dans ma jeunesse, au coin d’un feu de cheminée, à l’écart du village où j’ai passé une petite partie de mon enfance. Au contraire, tout m’a conforté dans cet Objectif Majeur qu’il avait insinué peu à peu dans ma vie.
Il m’a souvent raconté le Monde. Il m’a dit comme les Hommes abandonnaient leur patrie pour se mettre en quête des Ovales Originels. Il m’a dit comme des pays se mourraient, desséchés par l’absence de leur sang. Il m’a dit comme les conflits faisaient rage en cette Contrée qui attirait le peuple. Il m’a dit comme rien, ni même la réunion des Ovales Originels par un seul être, ne sauverait le Monde, qui serait à la merci de sa puissance. Il m’a dit qu’il voulait, plus que tout, mais ne pouvait, détruire ces Gemmes diaboliques. Il m’a dit.
Alors j’ai voyagé, parcouru toute parcelle de terre, navigué sur chaque goutte de Bleu, pour réunir toujours plus d’informations sur ce Fléau qui frappait le Monde.
Quelques évènements marquants survinrent, trop douloureux pour que je les raconte sur ces pages, mais pas assez pour que je les oublie. Peut-être l’encre de ces histoires couvrira-t-elle ce papier avant que mon dernier souffle ne s’échappe. Un jour…
Mais quelques années plus tard, j’avais un seul et unique objectif, ancré en moi comme un As dans la manche d’un Ecaflip.
Ce vieux sage avait eu raison, finalement, il y a bien des ans…
Je devais réunir les Ovales Originels, afin d’obtenir assez de puissance pour…les détruire.


Calepin personnel de Rielh - Extraits



« […] ce chiffre maudit qu’est la boucle. Mauvais présage, te dis-je, et pis encore ! Lorsqu’apparu il a, de bon rien n’est arrivé, jamais ! Si cette boucle maléfique tu vois, loin tu dois partir, éviter les ennuis cela te rapportera, crois-moi. Entre nous, des choses terribles j’ai entendu. Un homme, bizarre, toujours en mouvement. Une marque il […] »

Gravure sur un pied de table de taverne, écrite par Amariyo Da (?)



Je n’arrive pas à y croire. Au-delà de toutes mes espérances…j’ai été élu Maître. Je dois l’avouer, toute cette histoire me fait tourner la tête.
Je…je crois que je n’aurais pas dû m’engager dans cette cause, tout ceci risque de me détourner de mon objectif… Mais c’est si bon ! Je me sens tellement à ma place, au sein de leur Clan, de…mon clan, maintenant. Je me sens considéré, je crois que…ça me redonne confiance. Grâce à ça, je reprends courage, je crois que je peux accomplir ce que je me dois d’accomplir.
Et je me suis grandement attaché à ce Clan, il revêt maintenant une grande importance à mes yeux. Plus qu’il le faudrait, sans doute, mais peu m’importe, maintenant. J’ai été élu Maître !
Comme pour couronner mon bonheur perpétuel de ces derniers temps. Mon Amour, et maintenant, le Clan ! Je me sens plus que vivant.
Mais je ne dois pas oublier, je ne dois pas me détourner de mon but. Jamais.
Je vais l’inscrire dans mon Nom de Maître, subrepticement. Je n’aurai qu’à dire qu’il s’agit de mon amour de la langue, des récits bien composés. C’est le cas, certes, certes. Je n’aurai qu’à dire qu’il s’agit de ma contemplation béate de la beauté de la Nature, si bien arrangée. C’est le cas aussi, oui, certes. Tout concordera.
Mais au fond de moi, je saurai qu’il s’agit de mon rôle. Le Métronome de ce Monde, dont l'harmonie est altérée par les Ovales Originels qui absorbent toute note mélodieuse.
Je serai Rielh, Maître Onömnath’Urel.


Calepin personnel de Rielh - Extraits

_________________
Gravé sur un très vieux rocher, un écrit dit :
« Lorsque vient la pluie, n'aie pas peur d'être mouillé, mais bois.
Lorsque vient le vent, n'aie pas peur d'avoir froid, envole-toi.
Et lorsque vient ... »
Tiens, le reste est effacé, ennuyeux.
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MessageSujet: Re: Rielh, Maître Onömnath'Urel   

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