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 Enayar, Grand Maître Dezhâmes

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Enalynne, l'âme d'Enayar
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MessageSujet: Enayar, Grand Maître Dezhâmes   4/10/2008, 00:51

Le Back Ground du jeune feca bien avant qu'il ne devienne mercenaire :

Entre à la taverne après une rude journée passée dans la montagne des Koalaks, avise une table libre et s'y installe.

A la seule lueur d'une bougie, déroule un rouleau de parchemin vierge, prend sa plume pour laisser les mots s'envoler dans le passé...

Il se souvient, on lui a raconté...il y a très longtemps :

"Né de père et de mère inconnus, je fus trouvé bébé, déposé dans un panier, un matin de printemps par un vieux sage qui m'enseigna les rudiments de l'art de devenir Feca. Il m'encouragea à parcourir le monde en ne me donnant que quelques sorts et pas le moindre kama...heureusement j'appris rapidement à tuer des monstres de plus en plus forts pour leur arracher des ressources et des kamas.

Jusqu'à mon cercle 48 je galérais pas mal, sculptant de temps à autres quelques bâtons pour gagner ma pitance. Petit à petit je pris plus d'assurance, les cercles de puissance et les nouveaux sorts s'enchaînant, j'arrachais de plus belles proies aux monstres et cela me permettait de vivre plus aisément.

Actuellement arrivé à mon 137ème cercle de puissance, je suis devenu mercenaire depuis 2 cercles afin d'aider tout citoyen, vivant sous l'égide de la déesse Hécate, qui en ferait la demande, à s'entrainer, récolter, ou même, réaliser un donjon. Marié depuis le 2 joullier 637 avec la plus ravissante srammette d'Amakna, mon adorable épouse Jamsta également mercenaire que certains connaissent peut être déjà.

Prêtre d'alignement 40, ange, seulement grade 3, je ne commets d'agression sur la communauté brâkmarienne, en général, que si elles se justifient. Dans le genre ne touchez pas à ma femme ou dussé-je en mourir, je la vengerais en vous faisant le plus mal possible. Ne touchez pas non plus à aucun membre de ma guilde et encore moins aux territoires bontariens.

Enayar


roule et scelle le rouleau de parchemin, souffle la bougie, se lève, salue le tavernier après lui avoir offert une dernière bière et sort du troquet pour rentrer rapidement retrouver son épouse dans l'île de Moon


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MessageSujet: Re: Enayar, Grand Maître Dezhâmes   4/10/2008, 01:00

L'origine du nom "Le Grand Maître Dezhâmes" :

Peu de temps après avoir intégré le clan des Mercenaires D'hécate, le jeune Feca reçut des mains de son vénéré chef mourant, Self-Service, la responsabilité du clan. Il reçut un énorme trousseau de clés lui permettant d'accéder à tous les livres du clan.
Mais ce que Self ignorait, c'était que lorsque son âme fusionna avec l'actuelle relique, fragment de la pierre d'âme renfermant celle de Volhe Deuhmort, il lui légua aussi "le Pouvoir".

Le Pouvoir, oui en effet, à l'instant même ou son chef devint le Grand Maître Ethéré, Enayar fut frappé par cette lueur bien plus profondément qu'on aurait pu le croire. Le jeune Feca se demandait comment le corps de Self pouvait ainsi se matérialiser en certaines occasions. Il obtint la réponse d'une façon, tout à fait, fortuite.

Alors qu'il n'était encore juste qu'un Grand Maître à la tête du Clan, il était le seul en dehors de Self à être contacté par l'esprit de Volhe Deuhmort.
Contrairement à Self qui n'en avait retiré que l'éternité, le jeune homme alla plus loin dans ses investigations. Trop loin peut-être, mais il était trop tard pour faire demi-tour !
Lorsqu'il posa ses mains sur la relique sacrée, la pierre d'âme s'éleva entourant le jeune mercenaire d'une aura si puissante et bleutée, qui dura quelques minutes, pendant lesquelles il se sentit aspiré. Pris de vertige, il ferma les yeux un court instant. Le décor qui s'offrait à lui n'avait plus rien à voir avec celui de Terra Amakna.

Il se trouvait au coeur d'une forêt d'ébènes, de quoi enrichir les bûcherons et les mettre à l'abri du besoin jusqu'à la fin des temps. Il y en avait tant qu'il ne pouvait en aucun cas être encore dans le Monde des Douze.

Alors qu'il s'interrogeait, un humanoïde qui le dépassait d'un bon mètre surgit devant lui, l'arme au poing. Dans un geste réflexe, le jeune Feca saisit ses dagues, prêt à combattre s'il le fallait. Le géant émit des sons gutturaux, il semblait affolé. Enayar comprit que ce n'était pas lui qui l'impressionnait, mais bien autre chose. L'homme dont la peau imberbe et violette recouvrait tout son corps, se jeta sur lui armé d'un gourdin. C'était sans compter l'agilité du jeune Grand Maître qui esquiva le choc qui aurait dû lui fracasser la boîte crânienne. Le gourdin l'effleura pourtant avec un étrange son métallique et un flash puissant. Un réseau de quelques fibres bleutées lumineuses semblaient former un écran de force autour du jeune guerrier. Il s'aperçut bien vite que les assauts du géant ne pouvaient pas l'atteindre ! Il rengaina donc ses dagues et chercha à comprendre pourquoi la créature semblait apeurée. Celle-ci se rendant compte du prodige, abandonna sa salve d'attaques et s'enfuit en courant, suivi de près par Enayar.

Quelques mètres plus loin à peine, ils pénétrèrent dans une sorte de grotte ou plutôt un tunnel. À la sortie de celui-ci, le Grand Maître découvrit une multitude de ces humanoïdes. Des hommes, mais aussi des femmes, reconnaissables à leur longue chevelure verte tressée en une grosse natte derrière leur nuque. Des enfants, parmi lesquels il était facile d'y distinguer les garçons des filles. La peau violette des petits était aussi lisse et dépourvue de poils que leurs pères, les fillettes quant à elle arboraient la même coiffure que leurs mères.

Le jeune Feca fut tiré de ses réflexions par un cri strident suivi de grognements terribles. De plus en plus intrigué et fort de son immunité permanente, il se fraya un passage entre les géants pour comprendre d'où provenait ce cri si déchirant. Quelle ne fût sa surprise de voir une fillette aux prises avec un Meulou !

Quelques cadavres d'enfants au corps mutilé jonchaient le sol. Enayar réprima un haut le coeur. Ils ne comprenaient pas pourquoi les géants ne faisaient rien pour sauver les enfants. N'écoutant que son courage, il se plaça entre le Meulou et la fillette. Un murmure s'éleva autour de lui, soudain l'un des hommes - peut être le père de la fillette, à moins que ce ne fut son frère, au vu de sa jeunesse apparente -  saisit son gourdin et frappa de toutes ses forces sur la tête du Meulou. Enayar remarqua le même réseau de fibres qui le protégeait, lui aussi, lors de l'impact. Le jeune humanoïde fut projeté quelques mètres en arrière et alla percuter de plein fouet le bois dur d'un ébène. Protégé par les boucliers qu'Enayar venait heureusement d'invoquer, il se releva sans trop de mal.
Ainsi le Meulou, lui non plus, ne pouvait subir les attaques de ces créatures, il ne devait surtout pas faillir, il y avait déjà eu trop de victimes. Le Meulou n'aurait aucun mal à les mettre en pièce. Enayar n'était pas du genre à s'enfuir et à laisser quelqu'un en danger. C'était un mercenaire, peut être plus un justicier, en ce moment... L'appât du gain n'ayant jamais été son leitmotiv.

Agile, Enayar esquivait les griffes du Monstre qui brassaient l'air. Il portait des coups puissants au Meulou. L'animal hurlait, chaque fois que la lame entamait sa chair.

Défendant chèrement sa vie, il s'interrogeait du phénomène :

'Où se trouvait-il ? Qui étaient-ils ? Depuis quand le Meulou sortait-il de son antre ?' Tant de questions auxquelles il espérait des réponses.

Epuisé, en sueur et grièvement blessé, le jeune Feca porta enfin le coup fatal. Le Meulou s'effondra et disparut sous ses yeux. Enayar écarquilla les siens, il tenait entre ses mains l'étoffe du monstre, c'était donc bien réel. La jetant sur son épaule, il ouvrit sa besace pour y prendre quelques potions qui eurent tôt fait de soigner ses blessures.

Se sentant de suite mieux, il s'approcha des corps des enfants sur le sol, il ne put que constater leur décès sauf pour la dernière fillette qu'il avait arraché des pattes du monstre. Inconsciente mais vivante. Il fit glisser quelques gouttes d'eau de fées entre ses lèvres. Elle ouvrit de grands yeux terrifiés. Il la rassura et lui donna quelques fioles, elle retrouva ses forces instantanément. Se relevant, elle tomba, à genoux, à ses pieds en lui embrassant les mains.

Un peu gêné, Enayar se dégagea en l'aidant à se relever. Il plongea son regard dans celui de la fillette, la rassurant sur ses intentions pacifiques. Une ombre gigantesque cacha la lueur bleue de l'astre qui brillaient dans le ciel aux teintes oranges.

Le Grand Maître leva les yeux et aperçu un géant pourvu d'une barbe verte. Cette particulière pilosité l'étonna. Non par sa couleur, mais surtout par sa présence. Ainsi ils n'étaient pas imberbes de naissance.
L'homme émit quelques sons caverneux indiquant  au jeune disciple de la déesse Feca de le suivre après avoir serré entre ses bras la petite rescapée, sa fille !

Le jeune Grand Maître suivit la créature, à travers un dédale de grottes, pour arriver dans une vallée à la beauté renversante. Sous la lumière ardente des deux soleils, l'un bleu, l'autre carrément rouge, les cimes des arbres parurent flamber, leurs feuillages violets et brillants la reflétaient. Le grand homme désigna au loin une épaisse brume. Il montra le jeune Feca du doigt, puis de nouveau, il pointa ce qui lui servait d'index vers le brouillard. C'est bien plus tard qu'Enayar en comprendra le sens.

Il observa les mains du géant agenouillé qui tâtonnait la paroi rocheuse lilas. Même à genoux, il dû courber l'échine pour se mettre à hauteur de la ceinture du jeune homme. Enfin ses mains agrippèrent quelque chose qui paraissait presque invisible.

*CLIC ! CLAC ! CLOSH ! SPLASCHHHHHHHHHH !*

Un mécanisme libéra une cascade d'eau limpide et orangée qui se jeta dans le lit asséché d'une petite rivière. Satisfait la créature attrapa Enayar pour le faire traverser sous l'eau et déboucher dans une immense caverne. Lorsqu'ils surgirent de l'autre côté, leurs vêtements étaient parfaitement secs. L'homme qui se tenait aux côtés du jeune Grand Maître n'avait plus rien du géant à la peau violette, c'était un homme dont Enayar ne put déterminer le dieu, il était vêtu comme un magicien dans les livres de contes pour enfants. C'était un enchanteur. Sous ces traits, il prit enfin la parole :

- Bonjour jeune aventurier, je suis le puissant Sagearius, je te remercie d'avoir sauvé ma fille et protégé mon fils. Ton désintéressement devant les richesses que représente le bois d'ébène, ton courage et ta générosité me confirme que tu dois être quelqu'un de bien... Malgré que tu sois en relation avec le fameux Volhe Deuhmort.

Il resta un instant pensif après avoir prononcé ce nom, qui fut à la fois tant redouté et vénéré par tous les mages.

* Prenant les mains d'Enayar dans les siennes*

- Tu permets ?

Il sembla très concentré, ferma les yeux un instant puis déclara les yeux mi-clos :

- Tu viens du Monde des douze, tout comme le Meulou que tu as terrassé. Nous existons dans un monde parallèle, calqué sur ton univers, et là où l'on se trouvait, se situe son antre qu'il n'a jamais quitté. Il a juste découvert, par hasard, la porte inter-dimensionnelle. Elle est à présent scellée pour toujours, il ne pourra jamais revenir !

Tu es un mercenaire noble, au grand coeur, c'est une vocation pour toi. Juste une différence entre d'autres, ce n'est pas l'appât du gain qui te motive. Tu es arrivé au bon moment, grâce à toi, mes enfants vivront !

Tu dois savoir que dans notre Monde, seules les créatures qui viennent d'un même monde peuvent s'affronter efficacement. Tu as dû remarquer que les coups des autochtones étaient vains. Par contre, s'ils venaient à pénétrer dans ton univers, ils seraient capables de tuer les tiens. Ils ne te toucheraient pas, tu as gagné leur estime. Je vis dans ce monde, sous leur traits, depuis des décennies. La seule fantaisie de mon identité que j'ai voulu conservé est ma longue barbe que tu peux toujours admirer. Dans la forêt des Ébènes, sa couleur est verte ! Regarde son reflet ici, bien qu'elle soit blanche, elle n'en demeure pas moins verte. C'est un effet particulier de ce lieu ! Comme un certain Shamson, d'un autre univers, tenait sa force de sa longue chevelure, je tiens ma magie de ma barbe. Elle me permet de prendre les traits du géant que tu as vu, je dois néanmoins concéder que je perds la faculté de parler. Nos échanges verbaux se font par grognements. Il existe plus d'un millier de sons différents, c'est une race intelligente.


Contemplant le jeune Feca suspendu à ses lèvres, il lui dit sur le ton de la confidence :

* Voix rauque et basse*

- Enayar j'ai décidé de te faire confiance, tu seras dépositaire du secret permettant de nous rejoindre, alors écoute bien ce que j'ai à te dire.

*lâchant les mains du mercenaire*

- Suis moi !

Ils pénétrèrent un peu plus loin dans la caverne, là où les parois mauves brillaient de mille feux.

* Sur un ton très mystérieux*

- Je vais te faire un cadeau en rapport avec ta grandeur d'âme. En ces lieux uniquement, tu seras capable de communiquer avec les âmes de ceux qui ont quitté le Monde des douze et errent à la recherche d'une identité ou de ceux qui se complaisent dans cet état.
Tu as foulé le sol de cette caverne, le dernier à l'avoir fait avant moi était Volhe Deuhmort. Des micro particules de poussières de cette roche lumineuse se sont infiltrées dans ton organisme. Tu détiendras à présent, certains pouvoirs que je t'accorde, tout est consigné dans ce grimoire
.


*Tendant le livre imposant*

- Ne te laisses pas impressionner par sa taille, il ne pèse rien et ne sera visible que pour toi ! Tu n'auras le droit de le consulter que dans la pièce très fermée à proximité de sa pierre d'âme sur laquelle veille à présent mon vieil ami le mage, dont tu conserves la relique.

hésitant un court instant, plongeant son regard inquisiteur dans les yeux de son interlocuteur, il prend une profonde inspiration et lui dit :

- Je ne peux t'en dire plus, tu le découvriras par toi même. Cette puissance est telle que je ne peux que minimiser les effets. Un jour, tu seras victime d'une malédiction, un de tes amis te trahira, n'hésitant pas à t'entraîner dans son funeste dessein.
Par tes rêves tu te souviendras de ce que tu aurais dû oublier et peu à peu, tu ne pourras plus jamais oublier, malgré tous les procédés que l'on pourra utiliser sur toi.


Si Enayar ne comprenait pas tout, il restait attentif aux paroles du vieux mage et acceptait son cadeau avec reconnaissance.

Sagearius poursuivit encore :


- Partage ton siège en trois car désormais l'ouverture de la pièce secrète ne se fera que si vous êtes présents tous les trois. A toi de voir à qui tu pourras accorder ta confiance et cette responsabilité. N'oublie pas que tu as à présent le pouvoir de sonder les âmes !

* Sortant de sa manche deux flacons, le premier aux couleurs de l'arc-en-ciel et le second à la teinte laiteuse*

- Bois ceci à présent ! Par la puissance du prisme des couleurs, tu te retrouveras à ton point de départ. Les premières pages du Livre des Secrets t'indiqueront le chemin pour revenir dans notre univers, tu arriveras par la brume que tu as vue à l'extérieur. Il te suffira d'actionner le mécanisme pour pouvoir pénétrer en ces lieux, si l'envie de me revoir ou le besoin de contacter une âme disparue se faisait sentir. De celui-ci, une gorgée de cet élixir te téléportera directement dans la forêt des Ebènes, tu ne l'utiliseras qu'en cas d'extrême urgence. Ne te laisses pas impressionner par sa forte odeur de khôle.

Le jeune homme remercia une dernière fois le vieux mage, le salua et bu une grande lampée de la liqueur arc-en-ciel contenue dans la première fiole.

Le paysage se dissipa, peu à peu, laissant place à la salle qu'il n'eut aucun mal à reconnaître. À bout de force, il s'écroula et s'endormit à même le sol serrant entre ses bras le Livre le plus précieux qu'il soit.

Lorsqu'il reprit ses esprits, il faisait grand jour, il convoqua le Conseil et leur soumit son idée de nommer encore deux Grands Maîtres. Il prit alors le titre de "Grand Maître Dezhâmes" pour ne jamais oublier !


Ceci ne sont que les événements qui furent à l'origine de son appellation. Bien d'autres péripéties et d'autres pouvoirs se sont greffés depuis, il vous en fera le récit ultérieurement.

[Il est, pourtant, à noter qu'Enayar supporte mal l'alcool, et pour cause, n'importe qui attraperait la migraine dans la même situation. Depuis son aventure dans cette autre dimension, il s'est découvert le don d'entendre les pensées sous l'emprise de substances alcoolisées. Comme il maîtrise encore mal ce pouvoir qui ne semble pas sélectif,  la cacophonie est parfois épouvantable.]

Il use cependant de ce stratagème, dans certaines situations... Notamment face à des ennemis, afin de percevoir leurs véritables intentions. Il peut par ce même vecteur s'introduire dans les pensées de quelqu'un comme une sorte de télépathie et permettre à sa cible d'entendre les siennes ou le cas échéant de l'aider à combattre mentalement le.....]

Mais ceci sera pour une autre fois...

_________________

* * * * *Amaknae nulla res tam necessaria est quam Selenytes* * *  * *


Dernière édition par Enalynne, l'âme d'Enayar le 9/22/2018, 19:00, édité 5 fois (Raison : Quelques fautes...)
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MessageSujet: Re: Enayar, Grand Maître Dezhâmes   8/8/2018, 11:35

Du Grand Maître Dezhâmes à Enalynne, l'âme d'Enayar

Enalynne, l'âme d'Enayar se matérialisa sans un bruit dans la salle réservée aux reliques des Selenytes, elle en fit rapidement le tour, les souvenirs de son cher feca l'envahissaient. Tout se mélangeait dans sa tête, le présent, le passé, l'avenir.. Plusieurs futurs possibles, en vérité... Elle pouvait imaginer tous les scénarios selon son humeur....

Il y avait à peine quelques heures, en prenant enfin le temps de consulter tous les grands livres du Clan, Enalynne, avait découvert ce parchemin, il était pourtant affiché, bien en vue, "seconde place au concours de récits"... Comment était-il demeuré invisible à ses yeux ?

D'un geste vif, elle l'avait décroché du mur et l'avait emporté pour en terminer la lecture...

En le relisant, sa physionomie refléta moult émotions, tantôt de la tristesse, tantôt de la colère et surtout de la nostalgie...

Le secret était levé alors pourquoi garderait-elle encore le silence sur cette affaire qui avait inexorablement conduit le Grand Maître Deszhâmes au tombeau ?

N'avait-elle pas le droit de révéler toute la vérité ? Tous les détails sordides que Menthane Voulcanos avait omis de préciser ? Tous ces faits sur lesquels Enayar avait gardé le secret, préférant l'emporter dans sa tombe puisque le gouverneur de Brâkmar avait rendu son  tout dernier soupir, il y a fort longtemps.

Il est vrai que le jeune Feca n'avait pas subi les mêmes dommages, personne n'habitait son âme ou voulait en prendre le contrôle. Il avait confié son essence restée pure et ses nombreux pouvoirs à la jeune Fecate qu'Enayar était devenu par la force des choses.


*Se mordant la lèvre inférieure jusqu'au sang*


- Ainsi un autre Voulcanos avait osé... Il avait révélé au grand jour ce secret enfoui au plus profond du cerveau d'Enayar, de son cerveau, pas du mien ! S'exclama-t-elle à haute voix en oubliant toute prudence...

Mais où étaient passées toutes ces manigances, ces nuits sans sommeil où Enayar et le gouverneur de Brâkmar  avaient lutté côte à côte jusqu'à ce que les Anenthem de la montre ne menacent toute la tranquillité de la cité des mercenaires ?

Menace, même, de rayer le Clan et ses membres du Monde des Douze !

La colère se lisait sur son visage, une colère sourde qui la dévorait, les poings serrés à s'en faire mal, elle tentait de la maîtriser. Il était, sans doute, enfin venu ce moment de révéler les véritables circonstances de la mort de l’enveloppe charnelle de celui qui fut un grand chef.


Enalynne n'était plus la frêle jeune fille qu'elle avait été, les années passées dans le corps d'Enayar l'avaient rattrapées, s’additionnant aux siennes... Le demi-dieu Ah Vay Cey s'était acharné sur elle, la privant de la fluidité d'écriture du grand Feca. C'est péniblement qu'elle essayait de retrouver ses souvenirs de cette époque. Elle relut le parchemin, qu'elle copia minutieusement, afin de s'en servir comme point de départ...


Voulcanos a écrit:
Il m’arrive parfois de ressentir de la pitié pour vous, jeunes Cyns Selenytes. Vous pensez être à l’aube de quelque chose et vous pourriez même croire qu’encore aujourd’hui vous possédez un quelconque rôle à jouer. Pourtant, vous ne savez rien des réalités et votre passé commun vous échappe ! Quoi ? Qui sont ces malheureux lecteurs voulant déjà me donner tort ? Ma participation à ce concours est purement cordiale : détestant fêter les anniversaires, je veux pourtant m’amuser des Cyns Selenytes qui sont à l’honneur en ce moment.
Laissez-moi donc entamer un récit où vous êtes à la fois les vainqueurs et les vaincus, des forts dominés par une lourde faiblesse !



L’an 639 a été fabuleux, autant pour votre Clan de Mercenaires que pour moi. À l’époque, vous étiez de merveilleux chercheurs de trésors, de véritables maîtres de la scène publique en Amakna. Hélas, il existait un butin que même Enayar, votre défunt Grand Maître, n’avait pas encore jugé sur sa vraie valeur. Il s’agissait d’un Sceptre, un objet sublime sculpté dans du bois d’orme, recouvert d’une fine couche d’or et enfin surmonté d’une superbe gemme entièrement faite d’ambre. En apparence, cet objet méritait de rejoindre vos coffres, à l’identique de toutes ces autres babioles que vous possédiez alors. Pourtant, dans les ténèbres du Continent d’Amakna se dissimulait un danger affreux qui, peu à peu, allait de très près s’intéresser à vous.

Ce mal portait le nom d’Anenthem, et vous aviez déjà éveillé dans leur esprit ténébreux de bien sombres idées. Le Sceptre était à eux… Ou plutôt il « était » eux ! C’est en effet à l’intérieur de ce séduisant objet que se dissimulaient leurs âmes écorchées. Sept frères démons avaient jadis été enfermés dans ce Sceptre pour qu’à jamais soient enterrés les pouvoirs qu’ils exerçaient sur les Rêves.
Votre avidité avait bien vite libéré leur pouvoir, et désormais vous autres les chasseurs étiez devenus les proies de sept créatures à la fois puissantes et déterminées. Dominés à la fois sur le plan stratégique mais aussi sur le plan militaire, vous autres Selenytes aviez bien vite perdu la moindre goutte de combattivité. Vous étiez tous endormis, laissés pour compte et très bientôt vaincus.

Pourtant, votre Grand Maître Enayar maîtrisait un pouvoir bien peu commun : il savait sonder les âmes ! Heureusement, c’est lui qui, le premier, découvrit la malédiction qui pesait sur moi, Voulcanos. Les Anenthem vivaient dans la nature, sans entraves, mais ils avaient besoin du Sceptre pour récupérer tout leur pouvoir. Pour une courte période je leur servis de marionnette, réalisant leurs desseins les plus obscurs. Ces démons avaient fait naître en moi de bien sottes idées, plongeant ma conscience dans d’immondes rêves dont j’étais incapable de sortir – car là se trouvait bel et bien leur plus grand pouvoir.
Ainsi manipulé, mon corps était alors entièrement consacré à vous mettre en danger, encore et encore : dès cet instant, le Consulat tout entier s’était ligué contre vous au cours d’une guerre mémorable. Les Anenthem gagnaient en puissance chaque jour et les confrontations étaient sans fin : qu’il était amusant de voir votre cher Pale d’Haddin tenu en laisse par ces démons et manipulé comme un traître à sa cause ! Qu’il était plaisant de voir déferler sur votre demeure une horde de miliciens affreusement guidés par les Anenthem !
Enayar savait au fond de lui que j'étais la clef du problème : curieusement, il m’invita alors à Amakna, en terre neutre, pour marchander le Sceptre contre un possible retour au calme.

En fait, il ne fallait pas s’attendre à autre chose de la part de votre ancien Grand Maître : Enayar avait dressé un gigantesque bouclier entre nous deux et le reste de la foule au cours de ce rendez-vous bien peu galant. La magie d'Enayar avait fait trembler le sol avec une intensité incroyable, et s’il me fallait être une mauvaise langue je vous avouerais que Maures avait passé plus de temps sur les fesses que sur ses pieds à cause de ce séisme !
Bien vite désarmé par Enayar après un bref échange de coups, je fus alors la cible de ses inquiétants pouvoirs. Le Maître Féca auscultait mon âme et voyait bien le jeu des Anenthem, ces démons capables de tisser des rêves étouffants et d’ensuite capturer les corps de leurs victimes. Enayar trouva alors les bons mots pour libérer mon esprit de sa prison de songes et les Anenthem furent mis en déroute, jetés hors de mon enveloppe charnelle.
C’est avec sa détermination et ses impressionnantes capacités que votre leader Enayar résolut une situation désespérée où tout votre clan aurait pu disparaître.

Les Anenthem quant à eux étaient vaincus : privés de leur meilleur hôte, leur pouvoir diminuait au fil des heures, et ne resterait bientôt d’eux qu’un bien déplaisant souvenir ! Pour terminer en beauté, les Démons des Songes invoquèrent "Clavehart", un surpuissant Mage Noir qui pouvait d’après eux nous mener à notre perte. Au cours d’une journée sanglante, Selenytes et Brâkmariens épuisèrent leurs forces pour lutter contre le sorcier infâme. Vous auriez dû voir tout l’effort déployé à ce moment-là ! Clavehart fut vaincu par notre pouvoir collectif et les Anenthem retournèrent dans le Néant, après avoir épuisé jusqu’à leur dernier sortilège. Le Sceptre quant à lui fut brisé, selon le vœu commun d’Enayar et de moi-même. Cette aventure allait entrer dans les livres d’Histoire, ou au moins elle le méritait…



Vous rendez-vous compte que ce Passé vous appartient à vous tous, Selenytes ? À l’époque, les Cyns Selenytes n’existaient pas et pourtant vous possédiez tous au fond de vous une force extrêmement belle, presqu’immortelle ! Vous êtes tous aujourd’hui de nouvelles recrues, du sang frais disposé là pour plaire à vos clients d’Astrub. Vos vraies victoires sont bien anciennes !
Ne croyez pas pourtant que vous êtes ici les « Forts » de l’histoire, non ! Votre force se situe très loin dans le passé, et elle est depuis longtemps enterrée !
Qu’avez-vous accompli dernièrement, Cyns ? Quel miracle pouvant égaliser celui d’Enayar avez-vous assumé de vos mains ces dernières semaines ? « Les Forts dominent les Faibles », hein, et quelle belle jambe cela nous fait à tous ! Le Monde des Douze a besoin d’individus forts, et je peux prétendre les avoir connus en ce monde, dans votre clan, il y a des années de cela !

Je sais très bien que vous vous attendiez à une histoire "où les os se brisaient et où les guerriers s’entretuaient". Pourtant, je vous ai raconté là une aventure bien réelle : ce n’est ni plus ni moins une histoire vraie, tirée d’un passé que vous semblez vous plaire à oublier ! Alors, que vous vous sentiez forts et dominateurs ou bien faibles et soumis, dites-vous bien que vous êtes encore très loin du résultat de vos prédécesseurs !
Enayar vous regarde depuis les cieux, et je suis sûr qu’il attend de vous des exploits prodigieux. Montrez-nous ce que vous valez, Cyns Selenytes ! Je vous souhaite un joyeux anniversaire !


Mentalement, elle remercia quand même  Voulcanos pour ce souvenir qu'elle avait mis des années à retrouver et se fustigea de n'avoir pas ouvert les livres du lieu de résidence de son alter ego - dans lesquels, se conservait une copie de ce récit - plus tôt !

Aujourd'hui était-il trop tard ? Les locaux étaient déserts. Cependant, elle se devait d'écrire la fin de l'histoire, d'une plume rendue malhabile, par le demi-dieu Invhalydhe, ou tout simplement celui nommé dysghraphy, qui la hantait depuis plus d'un demi-lustre.

Ces Dieux ne l'empêchaient pas seulement de se servir correctement de sa main pour rédiger... Cela, même douloureux, elle pouvait facilement l'endurer, mais la difficulté à trouver le mot juste... Elle qui était pleine de verve, la désespérait au plus haut point !


Ce sceptre, ce maudit sceptre !  Brisé, certes, mais à quel prix ? Cela valait-il la guérison de l'âme noire de Voulcanos ?

Bien sûr que oui ! Enayar ne l'aurait pas voulu autrement... Ce soir là, il avait dû comprendre ce qui allait se passer et c'est avec cette conviction qu'il avait aidé son ennemi et ami.

Il n'avait qu'une parole et jamais il n'aurait voulu y faillir...  Voulcanos se doutait-il des horribles conséquences que cet acte entraînerait ?


Était-il pervers à ce point ? De cela, elle ne pouvait y croire... Pourtant l'esprit tordu du rusé Xelor, la laissait dans le doute...

Elle secoua énergiquement la tête, comme pour en chasser cette idée malsaine, et prit enfin le petit nécessaire à écriture emprunté auprès de la sépulture d'Enayar. C'était avec sa sempiternelle plume de serpiplume et son encre bien particulière, qu'elle rédigerait enfin la fin de son histoire...

Elle songea, mi-blob, mi-gelée, alors qu'un court instant un sourire ironique éclairait sa physionomie :
'Le grand Maître Feca avait des amis, même parmi les ennemis jurés du Clan, Brâkmar, les Roublards, les Pirates... Et jamais aucun de ses membres n'aurait osé l'accuser de traîtrise ! Son âme droite les en dissuadait davantage que cette pensée n'avait, même, jamais effleuré aucun des Selenytes...'

Elle prit une grande inspiration, ferma les yeux quelques secondes. Pour dévoiler, dès leurs ouvertures, un regard dans lequel brillait une étrange détermination et un demi sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres...

Serrant fermement sa plume, elle traça enfin ces quelques lignes, de la haute et fine écriture reconnaissable entre mille, comme hantée par l'esprit d'Enayar :


Lorsque le sceptre s'est brisé, je me suis senti envahi par une irrépressible envie de hurler. Pourtant, je l'ai contenue, nous étions entourés de trop de citoyens et je ne savais pas encore pourquoi mais je pressentais que ce cri donnerait un nouveau souffle aux Anenthem. C'est donc stoïquement que j'acceptais de ne pas rejeter leur mal me promettant d'y trouver un remède...

De retour au quartier général des Selenytes, alors que l'astre de la nuit dévoilait une étrange couleur rousse sur Astrub endormi, je me suis rendu dans l'autre dimension pour y rencontrer mon très vieil ami, Sagearius. Trop rapidement je pris entre mes mains tremblantes, la fiole qui me permettait cet exploit... Trop rapidement, sans doute, elle me glissa entre les doigts et se brisa, répandant son précieux élixir qui fut de suite absorbé par le plancher de bois.

J'étais conscient que pour ouvrir la pièce dépositaire des reliques du Clan, il aurait fallut être trois et j'étais seul... Seulement, c'était sans compter un tout nouveau pouvoir que m'avait octroyé le sceptre maudit, bien maigre compensation en vérité, appelons ça le multiclaunage, en référence à un personnage mythique d'un tout autre monde...

En à peine le temps d'un éclair et au prix de mille souffrances, Enayar sentit son corps se déchirer. Il invoqua ses armures et son bouclier, qui ne suffirent pas à en atténuer les douleurs. Alors en désespoir de cause, il incanta son immunité sur lui-même, en vain...

Si toutefois, il y avait eu quelque spectateur anonyme, il aurait été très effrayé en voyant le corps du grand Feca balloté entre les murs de la pièce, ne cassant rien comme par miracle. Puis, enfin, s'en échappèrent, non pas un, ou deux, et ni même trois, mais sept, comme les démons ! Sept formes jaillirent du poitrail ouvert du Grand Maître Dezhâmes, jamais il n'avait été aussi bien nommé... Ses sept entités prirent apparence douzienne. Leurs silhouettes, à l'identique de la haute stature et attitude du disciple de la déesse Feca. Leurs visages muets, sans aucun orifice, si ce n'est que deux orbites vides se tournèrent vers lui...

Le moment de surprise passé, Enayar ne ressentit aucune peur et d'un petit geste du menton, il leur indiqua la pièces aux trois portes verrouillées, dont il détenait les clés des serrures. C'est ainsi qu'il put ouvrir la voie pour se rendre dans la forêt des Ébènes par une nuit si noire qu'éclairait à peine l'astre orangé...

Aucune créature de cet autre monde n'essaya de le stopper, en quelques minutes, il rejoint la grande cascade. En actionna le mécanisme, pour se retrouver dans l'antre du Magicien. Il y était souvent retourné par la pensée... jamais physiquement, comme la première fois.

Lorsqu'il me vit, ses yeux s'emplirent de larmes, sans que je ne prononça un seul mot... Il connaissait le mal qui m'affaiblissait. Il ne me cacha rien de l'horrible vérité, cette fois nul pouvoir au monde ne pourrait me sauver, j'étais condamné. Il ne me restait sans doute que quelques mois, peut-être quelques années, avec de la chance...  Et ensuite,  toute ma science magique serait perdue à jamais et surtout l'aura de protection du clan.

Si j'étais prêt à rendre mon dernier soupir, je ne l'étais pas en revanche à briser ce sceau, il fallait que je trouve un moyen de conserver mes pouvoirs intacts, même dans le tombeau.

Pendant des heures, des jours, nuit après nuit, le vieux mage et moi même, avions épluché tous les grimoires disponibles, cherchant, en vain, une solution. Je finissais à chaque fois par rentrer  dormir quelques heures, me promettant de revenir bien vite.

Pendant des jours, des semaines pendant lesquelles je m’affaiblissais inexorablement, parfois je chancelais, le corps couvert de sueur, les entrailles dévorées par un feu inextinguible, qui me laissait sans force...

Mon vieil ami se désespérait de découvrir un remède ou une solution. Je lui trouvais un air pensif, trop pensif depuis quelques temps. De temps à autres, je le voyais se mordre la lèvre, serrer les poings, ouvrir la bouche pour parler et le refermer, aussitôt, sans prononcer un seul mot, quel mal le torturait-il ainsi ?


Une nuit, alors qu'il me faisait déguster le premier fruit pressé de la saison, pendant nos ultimes recherches - un peu amer, en vérité, cette année là, mais pas vraiment mauvais - j'avais donc fait honneur à mon hôte en le buvant jusque la dernière goutte, satisfait de voir enfin ses vielles rides s'illuminer d'un sourire.

Je ne savais pas pourquoi, sans doute ce poids devenait-il trop lourd pour lui seul ? Il finit par m'avouer la raison de son tourment :


- Enayar, mon cher ami, je te dois la vie de la perle de mes jours, de ma fille et je ne peux te laisser t'éteindre dans cette souffrance morale qu'est pour toi le devenir du clan. Tu as été investi de ces grands pouvoirs pour tenir les démons  et autres entités à distance. Tu n'es pas affecté dans ton coeur par leurs présences invisibles, juste dans ton corps. Si tu meurs réellement cette magie disparaitra à jamais, plus de flamiche dans les mains des maîtres, plus de perles dorées s'envolant vers l'urne, plus de plume enchantée...
Je dois donc enfin te révéler qu'il existe un moyen ! Saches que tu ne seras plus jamais le même... Tu devras abandonner ton corps d'athlète couvert de cicatrices de tes glorieuses batailles... Tu ne seras plus ce grand guerrier qui impressionnait tout le monde...


Lorsque le vieux mage à la barbe verte s'arrêta de parler, je compris qu'il se faisait violence pour m'annoncer la suite de ce remède, incrédule et tout ouïe, j'étais suspendu à ses lèvres...

il reprit lentement, péniblement, les yeux plein d'eau :


- Ma fille, mon unique enfant, cette belle jeune fille qu'elle est devenue à présent, te doit la vie... Comme quoi, rien n'arrive par hasard, la vie que tu lui as préservée est ce seul lien qui lui permette de pouvoir accomplir ce miracle et te rendre ta vie...

Je l'interrompis violemment, me levant brusquement en renversant mon verre vide sur la table, il roula vers le bord et se fracassa sur le sol en un bruit assourdissant amplifié par la configuration de la grotte.

- Il est hors de question que j'accepte ce sacrifice, ce n'est pas moi, jamais, je mourrai plutôt que d'enfreindre ma ligne de conduite qui restera à jamais la mienne.

Il me toisa de toute sa hauteur, se leva d'un bond et articula d'une voix très ferme :

- Elle ne mourra pas, n'aie crainte, mais elle ne pourra plus rester auprès de moi, du moins pas physiquement. Elle pourra venir me voir par la force de ta magie mais elle deviendra toi ! Elle n'aura pas d'autres souvenirs de sa vie ici si ce n'est par le biais de ses rêves...

Il s'arrêta un instant, essayant de lire dans mes pensées et poursuivit :

- Quand tu sera endormi dans son corps de femme, je pourrai la visiter chaque nuit et tu n'en garderas aucune trace jusqu'au jour où un événement marquant te rendra la mémoire de votre passé commun et ce jour là, seulement, il te faudra l'écrire !




La plume d'Enalynne lui échappa des mains, elle comprit que l'événement déclencheur avait été le parchemin de Voulcanos

Mais elle comprit que ce n'était pas le sceptre qui l'avait miné jusqu'à la mort, c'était ce même poison qui avait dévoré Voulcanos de l’intérieur, l'unique morceau qui restait de la montre... le remontoir.

C'était bien Voulcanos qui s'en était saisi avant de l'imprimer sur la main de son ami ou ennemi... Il avait pourtant déclaré haut et fort que de le tuer, lui,  était le seul moyen pour ne pas entraîner Enayar avec lui dans sa tombe... Une dernière roublardise du rusé Gouverneur ?

Ce même remontoir saisi par  d'autres à l'aide d'un tissu et enfermé dans le corps d'un wabbit avant de l'envoyer aux confins des abîmes de cette dimension... Ce remontoir à ne toucher sous aucun prétexte sous peine d'être à son tour possédé... En brisant le sceptre maudit, ils en avaient réveillé la malédiction et activé le poison des Anenthem...

Maintenant qu'Enalynne avait enfin compris, elle se laissa de nouveau envahir par l'âme d'Enayar et sa plume reprit place dans sa main pour qu'elle puisse poursuivre :


L'âme pure d'Enayar avait pu supporter ce contact sans faillir, des nuits entières, ils avaient repoussé les démons de Voulcanos. Il savait y faire et ne les laissa pas l'imprégner de leur malédiction, il ne les laissa pas envahir ses rêves, changer sa façon d'être... Les Anenthem ou leurs essences demeureraient à jamais prisonniers de son corps. Cela il le savait et s'ils ne purent pas atteindre son âme pour la pervertir...Il ne put cependant pas empêcher le venin de leur substrat  d'envahir ses veines à la recherche de son coeur, lentement mais sournoisement, inéluctablement le grand Feca se mourrait...

Dès lors, il fallait agir très vite, le très vénérable Mage Sagearius avait passé une partie de la journée à discuter avec sa fille et obtenu son accord..


Elle était restée cachée derrière la toile qui dissimulait le fond de l'antre du magicien. Lorsqu'elle entendit les derniers mots que prononça son père et la véhémence avec laquelle le jeune guerrier avait refusé la proposition... Elle écarta légèrement la toile et c'est d'une voix très ferme qu'elle salua le visiteur, aucune crainte ou appréhension ne se discernait dans sa voix aux timbres cristallins :


- Bien le bonjour jeune aventurier, je suis prête à te permettre de transférer ton âme  en lieu et place de ma propre âme tant que je demeurerai consciente... Cependant, dès que le sommeil t'emportera, je reprendrai possession de la mienne et rencontrerai mon père... Jamais tu ne pourras te rendre compte de ce phénomène.
Il est important que tu saches aussi qu'il n'y a pas que ton âme que je recevrai mais également tes caractéristiques physiques. Par cette magie, je deviendrai une disciple de la déesse Feca... Aux yeux de tous je ne serai que l'âme du Grand Maître Dezhâmes, l'âme d'Enayar...

Tu n'as aucun moyen de refuser, tu as d'ores et déjà commencé le processus en buvant la potion que t'a servie mon père... Rassure-toi, je ne ferai pas ça ici, tu ne te souviendras pas de tout ceci, jusqu'au jour où...


Demeuré silencieux de longues minutes, une angoisse soudaine lui dévora les entrailles, 'Alors il allait mourir' songea-t-il... Il se remémora rapidement tout ce que cette si belle jeune fille avait dit... 'C'est trop tard' s'alarma-t-il 'J'ai bu la potion'...

- Je ne voulais pas de sacrifice de ta part ! articula-t-il péniblement... Il leva son regard humide vers le vieux mage...


- Tu n'avais pas le droit de choisir pour moi, je ne voulais pas... Je ne voulais pas... Sa voix s'éteignit peu à peu alors qu'un brouillard intemporel l'enveloppait avec la fille du vieux mage. Elle lui prit la main, elle ne tremblait pas, elle semblait tellement coutumière de cette magie et pourtant c'était son tout premier transfert d'âme...

Nul besoin ici de pierre d'âme, le corps d'Enayar suffirait à contenir ce sortilège jusqu'à la fin des temps...jusqu'à ce que même  le dernier Dofus soit réduit en poussières.

Ils réapparurent dans la salle dépositaire des reliques, la fille de Sagearius prononça une incantation et la pièce entière refléta une étrange lueur cyan, de la même teinte que l'encre du valeureux feca. Cette aura émanait à la fois de son corps et de celui de la jeune fille qui se métamorphosait afin d'appartenir aux Monde des Douze. Elle devint alors invisible jusqu'à ce que le sort prenne son effet...


Dans la lumière du levant, le jeune Feca détailla les lieux, il ne comprenait pas pourquoi il se trouvait là, que faisait-il dans cette pièce ? Comment était-il entré ? Sa mémoire lui jouait-elle des tours ?

Il était revenu dans les locaux du Clan après qu'Ange eut porté le coup fatal au Gouverneur de Brâkmar. Elle avait été arrêtée bien qu'innocente, il possédait les documents signé de la main de Voulcanos. Il irait demandé audience à Brâkmar dès l'ouverture du Consulat des Tempêtes Pourpres...


Quelques mois plus tard, alors que tout était rentré dans l'ordre, au cours d'une nuit s'acheva le sortilège lancé des semaines plus tôt...

Elle n'avait pas encore choisi son prénom, il était trop difficile de succéder à Enayar, elle existait dans son coeur depuis cette fameuse nuit et bientôt elle pourrait prendre vie...

Elle gardera ses souvenirs, elle ne pourra jamais les oublier, elle admirera les Selenytes comme il les avait toujours admirés... Aura t-elle vraiment le droit de porter les ailes du défunt ? Cela, elle ne s'en sentait pas capable, sa vie, son coeur étaient déjà ailleurs depuis quelques temps...

Elle avait eu la chance de rencontrer son âme sœur alors même qu'elle n'apparaissait que lorsqu'Enayar dormait profondément.

Puisqu'elle avait enfin ressenti son consentement, elle posa sa main fraîche sur le front du grand Feca ce qui eut pour effet de ranimer l'aura cyan qui illumina, une fois encore, toute la pièce. Le Grand Maître Dezhâmes rendit son dernier soupir et ferma les yeux pour une nuit sans fin.

Respectueusement elle allongea la dépouille d'Enayar sur une grande table de bois, il faisait à peine jour... Elle s'était détachée de lui, prête à affronter le monde, il ne lui restait que son nom à choisir... Elle le contempla, lui, jadis si fier, allongé sans vie, elle avait les battements de son cœur et son souffle... Grâce à lui, elle pouvait vivre !

Elle savait que dans cette maison sa dépouille serait sacrée, il deviendrait une relique de la naissance des Selenytes.

Souvent controversé, souvent détesté, souvent admiré... Il avait en tout temps voulu faire preuve d'équité, donnant sa chance à tous. D'aucun ne pourront que dire qu'il fut une période le chef incontesté de cette belle lignée de Mercenaires que furent (sont) les Selenytes.

Il avait toujours dit que le clan ne lui appartenait pas, il avait clamé haut et fort qu'il n'en était pas le chef ! Pourtant il fut contraint de s'incliner devant la demande de ses confrères et consœurs... Ils et elles l'avaient déclaré, seule autorité et cela qu'il le veuille ou non...

Il savait, dès le premier jour, cependant, qu'un jour il partirait, confiant à d'autres le devenir du clan, bien sûr c'était un peu son bébé et de loin, il avait continué à en surveiller l'évolution...

Elle signa le parchemin de l'avis de décès avec la sempiternelle plume de Serpiplume de son alter ego imbibée de son encre cyan :
Enalynne, l'âme d'Enayar

Elle quitta la pièce rapidement après avoir affiché le parchemin où les Selenytes avaient pu le découvrir au petit matin.


Ainsi acheva-t-elle d'écrire cette partie de l'histoire d'Enayar, qui n'était pas encore terminée...

_________________

* * * * *Amaknae nulla res tam necessaria est quam Selenytes* * *  * *


Dernière édition par Enalynne, l'âme d'Enayar le 10/3/2018, 14:23, édité 25 fois
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MessageSujet: Re: Enayar, Grand Maître Dezhâmes   8/22/2018, 20:17

Réincarnation !

Alors qu'à l'horizon, le soleil commençait déjà à décliner, Enalynne, dépositaire de l'âme du Grand Maître Dezhâmes se matérialisa dans la salle des archives, encore fermée au public. Pour elle ce n'était qu'un jeu d'enfant depuis que le corps de son cher Enayar y reposait pour l'éternité.

Respectueusement, elle posa une rose sauvage sur la coupole de verre et du bout des doigts, un doux baiser.

A présent que ses souvenirs de son propre passé avaient fusionnés avec ceux du Grand Feca, sa vie était devenue plus facile. Enalynne souleva encore une fois le couvercle de verre du tombeau et entreprit de fouiller la sacoche d'Enayar. La rose sauvage glissait sur le sol lorsqu'elle en extirpa deux fioles. Refermant soigneusement le couvercle, elle ramassa la fleur et la remis à sa place.

Enalynne ingurgita la potion qui lui permettrait une rencontre paternelle en toute conscience. Elle ne s'habituerait jamais à cette odeur de khôle, enfin le goût était passable.

Un flash couleur du ciel en été illumina toute la pièce, pour éviter d'en être éblouie, Enalynne avait fermé les yeux. Quand tout lui parût enfin sombre, elle sourit en soulevant une paupière, elle était dans la forêt des Ébènes, chez elle... Elle en connaissait tous les recoins, surtout des raccourcis inconnus du Grand Maître Feca.

Elle se souvenait de ce fameux jour où une sorte de gros loup bleu était apparu, elle n'était alors encore qu'une fillette... Le temps passait si rapidement dans cette dimension, que quelques années plus tard elle était devenue presque un adulte, une magnifique jeune fille à la peau violette. De son passé, elle n'avait conservé que sa longue chevelure verte retenue en une tresse épaisse, d'apparence bleutée dans le Monde des Douze presque de la même couleur que son encre à vrai dire...




Elle gagna rapidement la grande cascade qui se déclenchait lorsque l'on actionnait le mécanisme. Aussi sèche que lorsque qu'elle avait pénétré sous la chute d'eau, la jeune disciple de la déesse Feca posa un pied dans l'antre du Magicien, Sagearius, son père.

*Se précipitant vers elle les bras grands ouverts*


- Ma chérie, enfin ce jour est venu, tu dois avoir réussi la fusion de vos âmes, il te reste à présent une dernière chose à accomplir !

Sur ces derniers mots, il se dirigea vers un pan escarpé du mur qui renfermait une cache secrète. Ce geste éveilla l'attention d'Enalynne. Il allait certainement se passer quelque chose... Elle connaissait bien son père et c'est là qu'il dissimulait à la vue de tous, ses sortilèges les plus puissants. Elle l'observait pendant qu'il accomplissait un tas de manipulations secrètes, impatiente de voir ce qui allait en advenir.

Sagearius, conscient du regard de sa fille dans son dos, prenait néanmoins tout son temps et à la grande surprise de la jeune fille, il en extirpa une motte d'argile étincelant.

*Souriant devant l'expression sidérée de sa fille*


- Ma chère fille, ce n'est qu'un vecteur... Cet agile inconnu dans le Monde des Douze est utilisé pour combattre l'infertilité de nos femmes... Ces propriétés magiques sont étonnantes, il me suffit de repenser à ce grand guerrier venu de ta nouvelle dimension...

Il suspendit son geste et sa parole, attendant une réaction de sa part. Médusée, elle ne bougeait pas. Elle essayait de comprendre où son père voulait en venir. La seule chose qui semblait avoir attiré son attention dans ce long discours était la capacité de l'argile à aider les femmes à procréer.

*rougissante, presque timidement, hésitante elle s'exclama* :


- Mais enfin...  je... je n'ai jamais dit que je voulais un bébé !

*Avec un grand rire sonore* :

- Ce n'est pas non plus ce que j'ai dit... Je ne t'ai pas proposé de devenir mère, non, c'est un peu plus compliqué que cela. Par cet artefact que j'ai fabriqué après de longs siècles de recherches. En l'alliant à ce tas d'argile, je vais te confier un disciple à l'effigie de ce grand Homme...

Tu devras l'entraîner jusqu'à ce qu'il soit capable de porter la  cape que ton sauveur arborait ce fameux jour. Sans en connaître la raison, m'accordant sa confiance, il l'a conservé à ma demande. Ce jour là, tu trouveras l'Ortiz dans son coffre dont tu partages la combinaison. c'est ainsi qu'il la nommait, si mes souvenirs sont exacts. Tu la remettras à ton élève avant de revenir ici !


Rapidement il ajouta :

Non, tu iras attendre un signe de ma part devant le passage qui sépare nos dimensions, le cercueil de verre détient ce pouvoir depuis qu'il est habité par le corps du Grand Maître Feca.



De plus en plus surprise, sa fille reçu de ses mains, une motte de cet argile aux propriétés si magiques et un parchemin, elle le regardait sans comprendre.

- Rentre à présent dans ce monde qui est devenu à jamais le tien. Accomplis ta tâche et surtout suis bien les instructions du parchemin... Tu auras besoin de ça aussi... Attention une goutte suffit !

Le vieux Mage tendit à sa fille un minuscule flacon renfermant une liqueur dorée. Enfin, il lui recommanda de boire la potion du retour... Intriguée, elle l'embrassa puis s'exécuta sans plus attendre.

Se matérialisant de nouveau près du Grand Feca, elle déroula le parchemin écrit dans le dialecte de la forêt des Ébènes. A priori, elle n'en avait pas oublié le moindre mot. Pendant plus d'une heure au chevet d'Enayar, minutieusement elle accomplit le rituel...

Pour conclure le processus, elle glissa une goutte de l'élixir doré entre les lèvres du Grand Maître Dezhâmes et termina par en verser une aussi sur la motte d'argile dans laquelle son père avait implanté un fragment de sa découverte.. Aussitôt elle se mit à s'allonger, s'étirer, se modeler... jusqu'à devenir un disciple du Dieu Feca aux couleurs de celui qui reposait dans le cercueil... Son sosie en tous points, il ne lui restait que l'expérience à acquérir jusqu'au cercle requis pour porter la cape traitée pendant des années par le vieux Mage dans ce seul but.

Pendant une douzaine de jours, le rendant sage à l'extrême par son enseignement et certains équipements envoutés, elle l'avait emmené par monts et vallées afin de l'entraîner à combattre les créatures de Terra Amakna.

Le jeune homme avait bien grandi, il n'était plus la frêle enveloppe charnelle que lui avait confié son père avec une jeune âme qui avait tout à apprendre. Elle l'avait envoyé réaliser quelques quêtes à Incarnam pour l’aguerrir avant de l'inviter à combattre et découvrir une partie du Monde. Patiemment jour après jour, elle avait préparé cette jeune âme à accomplir son destin.

Il avait enfin atteint le cercle requis, C'est avec une grande fierté qu'elle lui avait remis cérémonieusement  la cape de son alter ego... Celle qu'il portait le jour où il avait épousé la cause du Mercenariat.

A présent, il lui fallait rejoindre son père afin de sceller la fin du sortilège, ce qu'elle fit sans attendre... Se téléportant auprès du corps d'Enayar, elle s'empara de nouveaux des deux flasques qu'elle avait rangées dans sa gibecière.  Alors qu'elle allait boire la potion à toujours aussi forte odeur de Khôle... Elle hésita... Ce n'est pas ce que son père avait préconisé. La jeune fille fut arraché à ses pensées par un parchemin venu d'on ne sait où qui apparut dans sa main... Elle le lut, sourit et repartit chercher son petit protégé...

Le temps était venu, par les pouvoirs qui le rattachait, lui aussi, à la dépouille du Grand Maître Feca, il put la suivre dans un sort de teleglyphe.

Elle le regardait gravement et d'une voix devenue rauque par l'émotion, elle lui demanda d'approcher près du tombeau ouvert.


*Par surprise*

Elle saisit une fiole qui ne se trouvait pas là une minute auparavant et en versa tout le contenu sur la tête du jeune homme. Puis elle lui demanda de s'allonger pour que ce soit plus facile et après tout un long rituel secret, elle glissa entre ses lèvres la goutte d'élixir doré.

La pièce fut plongée dans le noir, on ne distinguait que les lèvres devenues lumineuses des deux grands Feca, Soudain un filet bleu cyan fluorescent s'échappa des lèvres closes de la dépouille du premier pour entrer dans celles entrouvertes du jeune disciple.

Enalynne acheva le rituel et prononça les ultimes mots qui feraient de lui un être à part entière recelant, comme elle, toute la mémoire d'Enayar dupliquée et fusionnée avec une autre âme, une nouvelle fois.

Il aurait pu porter le nom de Enayar-Soul puisqu'il en était l'âme, dans un autre langage.. mais c'était un peu risqué... De là à le comparer à un poivrot, il n'y avait qu'un pas, elle le nomma donc :



Enayar-Memory, la mémoire d'Enayar, ce qui équivalait à son âme...


Comme son prédécesseur il fut investi de grands pouvoirs, certains même qu'Enalynne ne soupçonnait pas et qu'elle ne possédait pas. L'âme d'Enayar, toujours aussi pure venait de se réincarner !

A présent, alors qu'elle observait son disciple la larme à l'oeil, elle reçu de nouvelles instructions. Le jour de son 135ème cercle tout comme le Grand Maître des âmes avait épousé une noble cause, il serait admis à écrire son nom sur la liste des membres du Clan.

Quelques jours plus tard, alors que la jeune femme avait posé une urne dans une toute nouvelle salle du Clan... Il avait pu inscrire son prénom à la suite de celle qui partageait, non seulement, la même âme mais aussi une partie de la sienne. Enayar, Enalynne et le petit Memory partageaient entre eux tous leurs souvenirs et permettaient ainsi à la dépouille du Grand Maître Dezhâmes de reposer en paix...

Ce nom choisit à l'époque par le vieux Mage et lui-même n'avait rien de fortuit, puisqu'à présent il recelait trois âmes dont il pouvait suivre toutes leurs évolutions au delà de la tombe...

Cette trinité, puisque c'en était une, n'avait fait qu'attiser la convoitise d'une autre âme qui guettait dans l'ombre la moindre défaillance à sa pureté originelle...

Avec Respect, Enalynne referma le couvercle de verre et une fois encore y déposa une rose sauvage et un baiser du bout des doigts. Dans le plus Grand silence, Enayar-Memory fit de même...

Il repartirent ensemble afin de parfaire son éducation à présent qu'elle l'avait autorisé à entrer dans les locaux du Clan, il devait s'en montrer digne et apprendre rapidement à saluer.

Ce matin là, il s'étaient levés très tôt pour se rendre dans le donjon des Forgerons afin d'y rencontrer un Maître du Salut. Il n'avait pas fait trois pas à l'intérieur que des bandits leur barrèrent l'accès... Pour progresser de salles en salles, ils durent se battre et vaincre...

Comme ils avaient gagné le respect de leurs adversaires, Le Maître du salut ne put qu'enseigner sa technique au jeune Enayar-Memory qui devenait enfin digne de suivre les traces de son prédécesseur.





[Le Grand Maître Dezhâmes revenu d'entre les morts ou juste réincarné, sera-t-il le début de la renaissance du Clan des Selenytes ?]




_________________

* * * * *Amaknae nulla res tam necessaria est quam Selenytes* * *  * *


Dernière édition par Enalynne, l'âme d'Enayar le 9/3/2018, 14:06, édité 1 fois
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